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Conférence de Paris pour le financement du PNDES
21
Nov

PADEL : Un programme ambitieux et novateur pour combattre la pauvreté au Burkina

Au cours de la cérémonie de célébration, en différé, de la journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, à Dori, le 18 oactobre 2016, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a procédé au lancement officiel du Programme d’appui au développement des économies locales (PADEL). D’un coût global de 339 milliards de francs CFA, cet ambitieux programme se veut une traduction concrète du PNDES (Plan national de développement économique et social) au niveau local. Il a pour objectif de combattre l’extrême pauvreté au Burkina, mais aussi et surtout booster le développement local.

Plus de 40% de Burkinabè vivent en dessous du seuil de pauvreté. Cette pauvreté est accentuée par son caractère essentiellement rural. A titre d’exemple, le seuil de pauvreté monétaire est de 9,3% dans la région du Centre (majoritairement urbaine), contre 70,4% au Nord, 59,7% dans la Boucle du Mouhoun, 51,6% au Centre-Ouest. Ces inégalités inter-régionales sont aussi exacerbées par des inégalités intra-régionales. Cette situation peu reluisante s’explique, entre autres, par la faiblesse de la plateforme infrastructurelle et de l’offre de services de base, faible capacité et productivité de l’entreprenariat, exclusion sociale.

Pour changer la donner, le gouvernement burkinabè a décidé de mettre en œuvre le Programme d’appui au développement des économies locales (PADEL). L’objectif de ce programme est de promouvoir l’émergence d’économies locales, inclusives, dynamiques et compétitives à même d’entrainer un essor économique et social de tout le pays. Pour ce faire, il permettra de doter chaque commune d’un kit de développement local intégré (Kit DELI). Ce kit est un package qui offre les conditions infrastructurelles, sociales et environnementales minimales nécessaires à l’éclosion durable du potentiel économique local.

Les premiers actes de la mise en œuvre du PADEL se feront à travers l’opérationnalisation du concept « un élève, une lampe solaire » avec la distribution de 18 000 lampes solaires. D’ailleurs, au cours de la cérémonie de lancement dudit programme, le chef de l’Etat a procédé à la remise symbolique des premiers kits DELI constitués de lampes solaires.

Booster le développement local

Elaboré pour booster le développement local, le PADEL s’inscrit dans le troisième objectif stratégique de l’axe 1 du PNDES qui vise à renforcer la décentralisation et promouvoir la gouvernance locale. Cet instrument novateur fait des collectivités territoriales « le moteur d’une croissance économique inclusive et de l’exploitation durable des populations locales d’ici à 2020 ». Il entend ainsi offrir aux populations les plus vulnérables un meilleur accès aux services sociaux de base et à des activités génératrices de revenus durables pour améliorer leur pouvoir d’achat. Sa mise en œuvre devrait tenir compte de principes directeurs que sont : la célérité dans les interventions, la responsabilisation des collectivités territoriales, la cohérence et de la coordination avec les planifications et les interventions sectorielles, la participation, l’inclusion et l’appropriation par les acteurs locaux notamment les populations vulnérables pour leur permettre de sortir de la pauvreté.

« Le PADEL tient à la nécessité de calibrer, pour chaque domaine déterminant du développement local, le niveau minimum d’équipements et de ressources nécessaires pour permettre aux populations de faire éclore leurs talents et de valoriser les potentialités de leur localité », a expliqué Rosine Coulibaly/Sori, la ministre de l’économie, des finances et du développement.

339 milliards de francs CFA pour l’opérationnalisation du PADEL

Pour son opérationnalisation, le PADEL repose sur le passage à l’échelle de trois programmes ayant déjà produit des résultats probants. Il s’agit : du programme plateformes multifonctionnelles, du programme filets sociaux, et du programme de transformation et de modernisation des entreprises informelles. Ainsi, ce programme comprend trois sous-programmes qui sont :

- l’accès aux services énergétiques modernes et aux infrastructures socio-économiques
- le transfert monétaire et inclusion des ménages vulnérables dans les filières porteuses
- le développement des filières économiques porteuses.

D’un coût global de 339 Milliards de francs CFA, le PADEL sera financé à 40% par l’Etat burkinabè, 5% par les collectivités territoriales et 55% par les partenaires techniques et financiers. Son déploiement dans les treize régions du pays se fera de manière progressive suivant un ordre de priorités établies sur la base d’une grille de tri multicritère. Et, c’est la région du Sahel qui a été retenue pour la phase pilote. « Le PADEL est à la fois ambitieux et novateur. Il s’agit d’un gigantesque programme de par son envergure, sa couverture et son ambition », a assuré Rosine Coulibaly/Sori.

Rompre avec la routine

« Le PADEL devrait apporter des solutions intégrées pour une inclusion sociale et économique. Il nous faut donc rompre avec la routine et nous engager résolument dans une dynamique de redevabilité et d’accélération », a invité Metsi Makhetha, coordinatrice résidente du système des Nations Unies et représentant résidente du PNUD au Burkina. Car, confie-t-elle, « au regard du potentiel transformationnel qu’il offre, le PADEL apparaît comme un tremplin vers l’atteinte des pour las de développement durable à l’horizon 2030 ».

C’est pourquoi, elle a assuré de la disponibilité du système des Nations Unies pour accompagner la mise en œuvre de ce programme et la mobilisation des partenaires afin que les objectifs du PADEL soient effectivement atteints. « Il nous revient à tous de créer les conditions pour la réussite de ce programme », a-t-elle lancé.
Pour la réussite de ce programme, le chef de l’Etat a invité les Burkinabè à changer de mentalités afin que nous puissions constater « les effets induits » de ce programme d’ici à la fin à 2020.

Moussa Diallo
Lefaso.net