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Conférence de Paris pour le financement du PNDES
15
Nov

Financement des projets structurants du PNDES : Le secteur privé national promet jouer pleinement sa partition

En prélude à la conférence des partenaires du Burkina sur le financement du Plan national de développement économique et social (PNDES) à Paris en décembre prochain, le premier ministre Paul Kaba Thiéba a rencontré les acteurs du secteur privé national, le 14 novembre 2016, à Ouagadougou. Objectif : échanger sur les projets structurants du PNDES. Après plus de deux heures d’échanges, les représentants du secteur privé ont promis jouer pleinement leur partition. Avec les techniciens du ministère de l’économie et des finances, ils se sont donné rendez-vous dans une semaine pour discuter « des annonces précises, concrètes et finalisées ».

La stratégie de financement retenue repose sur une approche multi-partenariale associant les acteurs publics, privés, nationaux et internationaux. Le financement prévu sur ressources propres de l’Etat burkinabè est fixé à 63,8%. Le gap de financement à rechercher est donc de 36,2%, soit 5 570,2 milliards de francs CFA. Ce besoin devra être couvert par les contributions des partenaires techniques et financiers, du secteur privé tant national qu’international ainsi que la diaspora burkinabè.

« La vision du gouvernement déclinée dans le PNDES est la recherche d’une complémentarité vertueuse entre l’Etat et le secteur privé. Si le secteur privé est celui qui crée de la richesse et des emplois, il revient à l’Etat de mettre en place les conditions de l’investissement privé », a expliqué Paul kaba Thiéba, le chef du gouvernement burkinabè. C’est pourquoi, le PNDES prévoit dans son axe 1 de rendre l’environnement des affaires plus incitatif et de renforcer les capacités du secteur privé. C’est dans ce cadre que le gouvernement a mis en œuvre des mesures concrètes visant à faciliter les affaires au pays des Hommes intègres. Ces mesures devraient permettre de lever les obstacles structurels et favoriser l’émergence d’une économie d’échelle.

Trois canaux de financement offerts au secteur privé

« La complémentarité entre l’Etat et le secteur privé qui sous-tend la vision du gouvernement appelle également à une forte implication du secteur privé tant national qu’international dans le financement du PNDES. Le gouvernement attend que les acteurs privés contribuent à travers trois canaux que sont : l’investissement direct, le partenariat public-privé, la souscription aux titres publics qui seront émis », a précisé Paul Kaba Thiéba.
Tout en réaffirmant la disponibilité du gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour créer ou renforcer un environnement incitatif à même de promouvoir les affaires, il a appelé les acteurs du secteur privé national et international afin de parvenir à des engagements concrets.

Des acteurs du privé sensibles au message du gouvernement

Et visiblement, le plaidoyer du gouvernement semble marcher. Car, à en croire le premier ministre, « tous les représentants du secteur privé national ont été sensibles au message ».

Représentant le patronat burkinabè, Elie Justin Ouédraogo, a d’abord salué l’initiative du gouvernement de s’entretenir avec le secteur privé. « Le premier ministre, en parlant de complémentarité, du fait que le secteur privé est le créateur de richesses, en demandant au secteur privé de se mobiliser à la hauteur des attentes, ça nous a réconforté et ça a permis effectivement aux uns et aux autres, chacun dans son secteur d’activité de voir la contribution qu’elle peut apporter », a-t-il souligné. Avant de préciser que « le Burkina doit mobiliser ses ressources et c’est sur la base de ces ressources propres qu’on va convaincre les étrangers de venir nous prêter et de venir investir. C’est ce que le secteur privé a compris et cette partition qu’il va jouer ».

« Le secteur privé est très engagé »

Même son de cloche chez Idrissa Nassa, le Président directeur général de Coris Bank. « Le secteur privé est très engagé au côté du gouvernement pour la mise en œuvre de ce programme. Et, les projets qui nous sont présentés ce matin vont faire l’objet d’une appropriation des acteurs du secteur privé dans le cadre de leur mise en œuvre. Ce que nous ne souhaitons pas, c’est que les entrepreneurs burkinabè croisent les bras et attendent que ce soit des sociétés étrangères qui viennent prendre ces projets pour la mise en œuvre. Ce que nous souhaitons, c’est que les Burkinabè s’engagent d’abord et ensuite les autres viennent appuyer, apporter leur expertise et leur accompagnement pour la mise en œuvre », a-t-il confié.

Les deux parties se sont donnés une semaine pour s’approprier les projets à eux soumis. Là, acteurs du secteur privé et techniciens du premier ministère et du ministère en charge de l’économie et des finances se retrouveront pour discuter d’éventuelles « annonces précises, concrètes et finalisées ».

Moussa Diallo
Lefaso.net